Imaz La tete
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La révolte des esclaves à Saint Leu. (Réunion)

Les esclaves désirant prendre partie à une révolte, quelques dizaines, se regroupèrent dans une ravine la nuit. L' un d' eux, Figaro, courra jusqu'au Saint-Louis tout raconter à sa maîtresse, Mademoiselle Legrand, à laquelle il restait fidèle. Legrand en parla aux autorités, qui ne firent rien si ce n' est donner à Figaro l'îlet à Cordes, à Cilaos, en récompense, mais il ne l' occupera jamais.

La nuit du 5 novembre, c' est parti. Les esclaves se réunirent, encore que plusieurs dizaines, et se mirent à marcher. Le premier Blanc qu 'ils rencontrèrent fut Maricourt Adams. Il était à cheval et se croyait sûr, mais il fut délesté de son fusil, battu et abandonné, puisque les esclaves le croyaient mort. Il ne l' était pas ; il survécut assez longtemps pour crier l' alerte dans une maison proche. Les maîtres commencèrent enfin à avoir peur, mais les autorités restèrent fermes et ne réagirent pas.

Le premier chef de la révolte fut un esclave appelé Jean, mis au fer quand la révolte ne faisait que commencer. On n' en sait pas davantage sur lui ; en tout cas, il fut vite éclipsé par trois frères, esclaves du propriétaire Célestin Hibon : Élie, le leader, Gilles et Prudent.

La nuit du 7 novembre, environ cent hommes arpentèrent ensemble les chemins de Saint-Leu. Ils prirent tout ce qui pouvait s' utiliser comme arme et taillèrent même des sagaies dans du bois. La première maison qu 'ils virent était vide ; Célestin Hibon, son propriétaire, était absent. Le bâtiment fut pillé et les révoltés partirent avec des pics, des bâtons et des pilons à café.

Arrivant à la maison suivante, ils rencontrèrent le gendre de Hibon, Jean Macé. Il fut assassiné devant sa femme et son enfant, qui s' échappèrent grâce à une esclave fidèle. Euphoriques, les révoltés essayèrent ensuite d' attaquer Pierre Hibon chez lui, mais il était armé et tira, aidé par ses esclaves. Les insurgés battirent vite la retraite et se regroupèrent devant la maison d'Armel Macé, frère du Jean qui vient d' être tué. Prévenu par le bruit des tirs depuis la maison de Pierre Hibon, il était prêt et lui aussi tira sur les esclaves, mais fut dominé et tué à coups de pilon. Pourtant, son esclave Paulin profitera de la confusion pour aller à Saint-Leu prévenir tout le monde.

Se rendant compte que les Anglais ne pourraient pas les aider à temps, les maîtres s' armèrent et arrangèrent une embuscade à la route du Portail, par laquelle s' approchaient les esclaves furieux. Les esclaves fidèles restèrent sur la route en pleine vue de tout le monde tandis que leurs maîtres attendirent les révoltés dans la forêt à côté. Les révoltés arrivèrent enfin et s' approchent des esclaves, croyant trouver plus de volontaires pour leur campagne.

En conclusion.

Vingt d' entre eux tombèrent immédiatement, et beaucoup furent grièvement blessés. La justice condamnera trente à la peine de mort. Au final :20 esclaves furent tués dans l' embuscade, 30 condamnés à mort et 2 Blancs tués. Plus tard, Saint-Leu vendra tous ses esclaves pour payer la construction de ses écoles.