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Politisée
Mais il se trouve que cette alliance entre République et affranchis n'a pas véritablement pris corps à La Réunion, contrairement à la Guyane, pour nous en tenir à ce seul exemple. Si l'on tente une rapide comparaison entre les deux "Vieilles" colonies, on note trois différences :

[1] "Nous ne savons pas assez à quel point les esclaves ont organisé le premier mouvement de désobéissance civile en refusant le livret de Sarda Garriga et le retour dans les grandes plantations, ils ont préféré la liberté difficile, le vagabondage, la condition ouvrière et la répression plutôt que retourner travailler dans les exploitations comme avant." Intervention d'Alain LORRAINE lors d'un débat animé par Hubert GERBEAU à la Maison de la Réunion à Paris [Le Réunionnais, 28-12-1994].


[1] C'est le titre de son article placé en page 19 du journal daté du 02-06-1996.
[1] Serge MAM LAM FOUCK, L'esclavage en Guyane, entre l'occultation et la revendication. L'évolution de la représentation de l'esclavage dans la société guyanaise (1848-1977), Presses Universitaires Créoles/GEREC, 1998, 73 p.- Le combat assimilationiste a été mené en Guyane par des "Hommes de couleur" qui ont entretenu la mémoire de l'esclavage contre les politiciens blancs. On pourrait presque dire le contraire pour La Réunion où le jeu politique reste dominé, comme avant 1848 par l'opposition entre l'aristocratie ultramontaine et la "démocratie coloniale". Cette rivalité a d'ailleurs conduit au plus violent des conflits politiques du XIX°, à savoir les émeutes de 1868 à Saint-Denis.

- L'intégration à la Métropole s'est faite clairement au nom de la réparation, il n'y a pas eu de faux-fuyants. L'éviction de la mémoire à La Réunion a fait apparaître au contraire la départementalisation comme le résultat du blanchiment et donc comme la continuation de la colonisation, et non pas de la décolonisation.


- Le passé esclavagiste est clairement assumé par la société guyanaise. Cette lucidité est due à l'influence des idées nationalistes. Entre histoire, culture, identité et politique, il est très difficile de faire le tri, surtout sur un terrain colonial. Constatons seulement qu'à La Réunion la société nie encore son origine sociale, comme ses origines noires. On ne peut présager si le redressement de ces conceptions aura les mêmes conséquences que dans les autres D.O.M.
L'enjeu politique à La Réunion est clairement perçu dès 1848 car il est question du suffrage universel dans une société foncièrement raciste. Il convient de rappeler quelques propos tenus dans La Démocratie coloniale :

 

Imaz La tete